Vespa 400 Four

Vespa 400 Four 


Moitié scooter, moitié moto, la Vespa Honda 400 Four de Francis est une mécanique unique, une pure bitza, fruit d’une incroyable imagination et d’un savoir bien faire certains. Explications.

Etre non conformiste n’est pas chez Francis Garnier une volonté délibérée de s’affirmer dans une branchitude décalée. Francis est naturellement en dehors des tendances dites commerciales. Il compose, le terme est adéquat, des mécaniques uniques où l’imagination et la maîtrise de la technique font des merveilles. Après avoir été… Francis a ouvert un vaste atelier du côté de Niort où il restaure, modifie et prépare des machines pas tout à fait ordinaires.
 » J’aime bien les bidouilles, les choses non conformistes qui obligent à se creuser la tête et à faire avec pas grand chose. »

                                                     Fort de cet état d’esprit et d’une déconcertante facilité à assembler avec magie entre elles des pièces d’origine diverses, notre homme pioche dans les casses (quand on ne les lui donne pas), les éléments nécessaires à élaborer des café-racers à la personnalité affirmée, recouvertes d’une peinture « poids lourd » polyuréthane, résistante et pas chère, offrant une belle patine à ses réalisations.

   

Le scooter bitza que nous vous présentons ici est une parfaite illustration de ce que Francis Garnier est capable de mettre en oeuvre pour un budget dérisoire : 150 euros, sans la main d’oeuvre, la sienne, soit 30 jours de travail. La genèse du projet « Vespa 400 Super Sport », clin d’oeil à la Honda du même nom se situe en 1989 à l’île de Man, où Francis assiste au Tourist trophy. La vision d’un tuning Vespa 500 Four fera office de déclic.
« L’idée de base était géniale, mais c’était monté de manière sauvage, à l’anglaise, je me souviens que la culasse arrivait au niveau du guidon, surmonté d’un réservoir ! »


 

Enfoui dans son esprit, la bitza refait surface au moment où on lui offre un Vespa Acmat de 1954.
« Il était aussi destroy qu’incomplet et avait du passer 15 ou 20 ans dans une grange, sous une gouttière car la carrosserie était transpercée de part en part. Je me suis alors enquéri d’une épave de Honda 400 Four (80 euros) pour mener à bien mon idée. »

 Le scoot se retrouve coupé en deux, Francis conservant le berceau, le bras oscillant et le moyeu de roue arrière de la Honda. Le dit moyeu accueille désormais la roue d’origine Vespa. Voilà qui sur le papier, paraît facile, mais qui nécessite autant d’idées que de courage. Pour conserver une garde au sol minimale (c’est qu’il attaque au guidon de sa brêle !), les quatre échappements qui se terminent par un tromblon du plus bel effet (juste à côté vu la plaque chinoise « piquée » sur une Suz DR 800 récupérée après le Paris-Pékin ?) tels des spaghettis de part et d’autre du moteur, la jonction entre l’avant et l’arrière étant effectuée via des marche-pieds en tôle.

Le confort est sommaire puisque, outre la selle, la suspension arrière est de type rigide et le débattement avant réduit à peau de chagrin. Cette approche des choses n’est pas gênante car la seule vocation de cette préparation est ludique (la capacité du réservoir, positionné plus bas, alimenté par une pompe à dépression de Yam XTZ, a été diminuée), un jeu d’enfant pour adulte, un puzzle mécanique pour le plaisir des yeux et la gesticulation intellectuelle.  Et à ce niveau le « quatre pattes » de la Honda 400 Four est à sa place, suffisamment coupleux pour offrir des reprises étonnantes et docile pour permettre de ne pas mettre illico la cabane sur le toit à la moindre rotation de la poignée.