Francis essayeur pour Moto Journal

                           

« Il faut tout réapprendre ! »

Francis, ex-mécano de GP et futur soigneur de la Voxan de course, fanatique des gros twins, a été un peu déboussolé par ces demi-portions hystériques.

« C’est comment qu’on s’en sert? » s’est demandé Francis Garnier, devant nos quatre hypersportives. Cet ancien mécano de GP du team Tech 3 sera en 2001, le mécanicien de la Voxan de course de Laurent Brian en Protwin, au sein de la structure Réflex. C’est dire s’il aime avant tout les twins et les monos de caractère. D’ailleurs il ne roule qu’en gros twins. Voici ce qu’il pense de nos 600 sportives modernes.
                                                              

« Je roule depuis une vingtaine d’années avec des meules dites de caractère, des twins à grosses gamelles. De part leur conception et leur utilisation complexe, ce sont des dames auxquelles il faut dire « vous » ! Quand MJ m’invite pour une virée en 600, je suis content, (j’aime le roulage), mais nullement impressionné à l’idée d’essayer des motos de débutants, que je considère comme faciles, dociles et sans surprises…


Sur la R6, en particulier, je déchante rapidement. En 50 mètres, j’ai déjà passé tous les rapports ! J’accélère… et rien ne se passe ! Un oeil sur le compte-tours me le confirme : à 5000 tours en 6ème ça pousse autant qu’une MZ rincée. En fait, elle ne fonctionne que dans les tours de 9000 à 14000 tr/mn.
Je suis désabusé ! Il me faut tout réapprendre. A son guidon, on n’a aucun répit et il faut sans cesse jongler avec la boîte sous peine de se traîner lamentablement. Fini la conduite à l’ancienne, en enroulant sur le couple. Ce truc-là, ça se cravache, c’est quasiment une moto de course. Le chassis est en rapport : il est précis, rigoureux, exigeant. Cette moto ne se conduit pas, elle se pilote ! C’est une arme qui m’a valu une bonne suée après quelques tours sur le circuit de malades mentaux de Lédenon.


Je viens de découvrir une autre facette de ce monde : le maniement des supersportives modernes. Il me fait porter un regard différent sur ce type de machines. Ces 600 que je voyais d’abord comme des produits de grande consommation, périssables et sans intérêt, m’apparaissent aujourd’hui posséder davantage de personnalité. Même si je n’envisage toujours pas d’en acheter une : sans doute le besoin viscéral de gros couple et de vibrations… »